Réalisation d'une Aire Terrestre Éducative au niveau de la Rivière du Mât
Les élèves. Une classe de CM2 de l'école élémentaire Lacaussade, à Saint-André, soit 23 élèves. Le projet est porté sur deux années scolaires : la classe de 2026-2027 choisit le site, mène l'état des lieux et dégage une problématique ; celle de 2027-2028 reprend le flambeau, enrichit l'état des lieux et conduit une action. Un conseil des élèves, réuni à chaque étape clé, est l'instance de décision du projet : choix du site, axes d'étude, problématique, action. Les élèves y tiennent les rôles d'organisation, l'enseignant se tenant en retrait des débats.
Le contexte pédagogique. L'aire éducative sert de support interdisciplinaire aux programmes du cycle 3 : sciences et technologie (écosystèmes, besoins des êtres vivants, impact des activités humaines, espèces exotiques envahissantes), géographie (habiter un espace soumis à un risque naturel, usages et conflits d'usage), EMC (débat réglé, décision collective, engagement), français (oral en conseil, carnet de terrain, interview d'usagers) et mathématiques (relevés, mesures, graphiques). Le projet installe une pratique régulière de la classe dehors, en alternance avec des séances en classe et les interventions de la structure accompagnatrice. Un microscope de terrain est mobilisé pour prolonger les observations à l'œil nu et travailler le changement d'échelle.
Les spécificités de l'établissement. L'école élémentaire Lacaussade, située en centre-ville de Saint-André, est classée en réseau d'éducation prioritaire et compte 15 classes. Elle accueille un public pour lequel l'accès à un accompagnement extérieur en éducation à l'environnement reste limité. Le site retenu, sur la Rivière du Mât, est à 2,5 km de l'école et fréquenté par les familles le week-end : les élèves travaillent sur un lieu qu'ils connaissent déjà et qui appartient à l'histoire de leur commune, notamment par la pêche traditionnelle des bichiques.
Un projet sur deux ans, dehors, décidé par les élèves
Une aire éducative, c'est un petit bout de nature dont une classe prend soin. Les élèves l'étudient toute l'année, décident ensemble de ce qu'ils veulent y faire, et transmettent le projet à la classe suivante. Chez nous, ce sera une berge de la Rivière du Mât, à 2,5 km de l'école, un endroit que beaucoup connaissent déjà parce qu'on y pique-nique le dimanche.
Octobre. Découverte du dispositif en classe, puis premier conseil des élèves. On installe le rituel : un président de séance, un secrétaire, un maître du temps, des rôles qui tournent. Les élèves décident s'ils s'engagent dans le projet. C'est le premier vote, et il est réel.
Novembre. Trois sorties pour explorer trois sites possibles : le parc à côté de l'école, une ravine, et la rivière. Les élèves observent, dessinent, photographient, notent ce qu'ils entendent et ce qui les dérange. Puis ils fabriquent leurs propres critères de choix — « est-ce qu'on peut y aller à pied ? », « est-ce qu'il y a des animaux ? », « est-ce que c'est sale ? » — et ils votent.
Décembre. Première sortie sur le site retenu avec notre partenaire en éducation à l'environnement. On délimite le périmètre de l'aire, on apprend les règles de sécurité en bord de rivière.
Février à avril. L'état des lieux. Deux sorties par mois. Les élèves cherchent qui vit là : sous les galets, dans les vasques, sur les berges. Ils apprennent à mesurer la température de l'eau, à reconnaître une plante venue d'ailleurs qui étouffe les autres, à compter les déchets par zone au lieu de les ramasser au hasard. Un microscope de terrain permet de regarder de très près une feuille ou un caillou : « il n'y a rien ici » devient « on ne voyait rien ». Un pêcheur ou un ancien du quartier vient raconter la rivière d'avant, la pêche des bichiques, ce qui a changé.
Mai. Les élèves formulent le problème qu'ils veulent traiter, proposent des actions, en choisissent une. Elle doit être réaliste et utile à la rivière, pas spectaculaire.
Juin. Bilan, film d'une minute trente réalisé par les élèves, et passage de flambeau à la classe suivante.
La deuxième année, la nouvelle classe reprend le site, complète ce qui a été commencé et mène son action à son tour.
Ce qu'on en attend pour eux
Qu'ils apprennent à décider ensemble, pour de vrai : écouter un avis contraire, changer d'avis, accepter un vote qui ne va pas dans leur sens. Qu'ils gagnent en autonomie, parce que dehors on ne peut pas tout contrôler et qu'il faut s'organiser. Que la classe se soude autrement qu'en classe — les marches de quarante minutes y font beaucoup. Qu'ils regardent leur propre commune autrement, et qu'ils se sentent légitimes à s'occuper d'un lieu qui est à eux. Et qu'ils fassent l'expérience, rare à cet âge, d'une décision collective qui produit un effet visible sur le monde réel.
Structure accompagnatrice en cours d'identification avec l'appui du GRAE de La Réunion ; piste prioritaire : Fédération de la pêche et de protection des milieux aquatiques de La Réunion. Autres acteurs associés : commune de Saint-André, DEAL, pêcheurs de bichiques.
Avec cela, nous prévoyons :
Nous sollicitons une subvention de 5 000 euros de l'OFB pour deux ans.
Nous n'avons à ce jour demandé aucun autre financement en dehors de la collecte participative ouverte sur la Trousse à projets, dont l'objectif est fixé à 500 euros.
Ce projet donne à une classe de CM2 de l'éducation prioritaire la responsabilité réelle d'un morceau de rivière, à 40 minutes de marche de son école. Les élèves se sont déjà engagés dans le projet et ont choisi le site, apprendront à l'observer, décideront ensemble de ce qu'ils veulent y protéger, puis transmettront le flambeau à la classe suivante. Ce qu'ils y gagneront dépasse les programmes : l'expérience d'une décision collective qui produit un effet visible, et le sentiment d'être légitimes à s'occuper d'un lieu qui est le leur. La subvention de l'OFB permettra de financer l'accompagnement par une structure d'éducation à l'environnement, sans lequel ce projet resterait une intention.
La présentation et le contenu de cette page ont été élaborés par et sous la responsabilité du porteur de projet et de ses élèves. Un texte de présentation, s'il est original, est protégé par le droit d'auteur
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